
Le sujet de l’immigration fait régulièrement la une du débat public en France. Je vois deux raisons à sa résurgence récente : d’abord, le nombre, l’ampleur du flux d’immigration depuis le début de ce siècle, sans précédent dans l’histoire de notre pays. Ensuite, et surtout, la perception que la France héberge en nombre toujours croissant des populations qui rejettent son modèle et ses valeurs et qu’elle échoue à intégrer. La hantise du communautarisme —si étranger au principe français— et de la dépossession, voire de la submersion, sont au coeur de l’angoisse française contemporaine. C’est un sujet complexe et sensible, qu’il est difficile d’aborder sans se laisser parfois dominer par ses impressions, ses émotions, et peut-être ses préjugés. J’ai choisi de l’affronter en trois articles. Dans ce premier article, je restitue les chiffres les plus significatifs sur les flux migratoires depuis le début du siècle, et le poids de la population immigrée dans la société et l’économie françaises. Dans le second, j’analyse les défis qu’adresse à notre société occidentale démocratique et adhérente d’une conception particulière de la laïcité l’intégration de plus en plus problématique d’une population immigrée devenue majoritairement africaine et musulmane. Dans le troisième et dernier article, je réfléchis à la réponse réaliste que la France pourrait apporter à ces défis.
1) Les flux : Une immigration en forte hausse, largement subie, et de plus en plus d’origine africaine
Des flux migratoires légaux en forte augmentation
La principale mesure des flux migratoires (1) est le nombre des primo-délivrances, c’est à dire le nombre des premiers titres de séjour délivrés aux ressortissants de pays tiers à l’Union européenne à 27 et à l’Espace économique européen.
Le nombre de primo-délivrances a augmenté de près de 60% depuis 2011, passant de 199 000 à 316 000 en 2022, soit l’équivalent chaque année d’une ville comme Nantes (2). Au sommet de l’immigration économique (période de 1960 à 1966), le nombre de titres délivrés n’excédait pas 180 000 par an ! (3)
Cette progression est tirée par trois catégories : l’immigration « économique » (+193%), l’immigration « humanitaire » (+ 126%) et l’immigration « étudiante » (+ 55%). En chiffres absolus, ce sont les flux d’étudiants, de salariés (sous-ensemble de l’immigration économique), de membres de la famille (sous-ensemble de l’immigration « familiale ») et de réfugiés et apatrides (sous-ensemble de l’immigration humanitaire) qui augmentent le plus : de plus de 36 000, 22 000, 19 000 et 16 500, respectivement.
En 2022, pour la première fois le flux étudiants (32% du total) a dépassé le flux famille (30%), distançant le flux économique (16%) (figure 1).

Source : Ministère de l’intérieur, Lien
Une immigration très largement subie
Subie s’oppose à choisie. En effet, les flux décrits ci-avant ne correspondent pas à des besoins que la France aurait pu émettre, par exemple satisfaire à des offres d’emplois non pourvues, encore moins au respect de quotas, tels qu’il en existe dans certains pays comme le Canada. Pour nombre des motifs, et notamment les motifs familial et étudiant et les demandes d’asile, la France n’est plus qu’un spectateur largement passif de ces flux entrants.
A propos de l’immigration familiale, on pense d’abord au ‘regroupement familial’ autorisé en 1975 (parallèlement à l’arrêt de l’immigration de travail décidé suite au premier choc pétrolier). Mais cette catégorie ne représente plus qu’une minorité des flux d’entrées au titre du motif familial (15-20%). Le relais en a été pris par deux autres formes d’immigration familiale : l’admission de « membres de famille d’un Français » (un peu plus de 50%) et l’admission de ressortissants étrangers pouvant invoquer des « liens personnels ou familiaux » avec des personnes résidant déjà en France (un peu moins de 20%). La première concerne surtout les conjoints étrangers de Français admis au séjour après leur mariage (majoritairement célébré à l’étranger) avec un de nos ressortissants, le plus souvent issu de l’immigration et du même pays. Comme le remarque Patrick Stefanini : « l’immigration familiale procède aujourd’hui d’une forme d’endogamie au sein de la communauté immigrée » (4). La seconde constitue la « part d’arbitraire » du droit français des étrangers selon Stefanini, dans la mesure où « les étrangers concernés n’ont le plus souvent aucun lien familial en France » (5) mais le soutien d’associations zélées.
L’augmentation de l’immigration étudiante —premier poste de primo-délivrances depuis 2022 (108 000 titres délivrés)— a été voulue par le Gouvernement français il y a une quinzaine d’années. Elle n’est pas sans présenter des avantages pour le rayonnement de la France. Mais le régime actuel de cette modalité d’admission crée un risque de détournement dans la mesure où « à l’issue de leur première année d’études en France, les intéressés peuvent (…) se détourner totalement de leur parcours universitaire sans qu’aucune conséquence n’en soit tirée quant à leur droit au séjour » (6).
Les demandes d’asile (7) se sont établies quant à elles à 168 000 en 2022 contre 40 000 en 2000, soit un quadruplement en 20 ans (8), et … 1 620 en 1973. En regard, 56 000 attributions d’asile ont été décidées par l’OFPRA et (après recours) par la CNDA (respectivement 39 000 et 14 000), soit un taux de protection de 41%. Mais on ne peut ajouter ce flux à celui des primo-délivrances, car une partie de ces demandeurs d’asile obtiennent ensuite un titre de séjour, même pour une autre raison.
Il faut aussi mentionner l’immigration clandestine, qu’on sait mal quantifier, mais très importante si l’on en juge par le nombre de bénéficiaires de l’Aide médicale d’Etat (cf. plus bas), le nombre de régularisations (34 000 en 2022, au titre de ce que l’on appelle pudiquement les « Admissions exceptionnelles au séjour », qui ont représenté 11% du total des primo-délivrances en 2022 (9)), et la difficulté (euphémisme) de renvoyer les immigrés en situation irrégulière.
Les « éloignements » se sont élevés à 15 400 en 2022, dont 11 400 ‘forcés’ (10). S’il se maintient à des niveaux corrects pour les expulsions et les interdictions du territoire français (ITF), le taux d’exécution des mesures d’éloignement est dérisoire s’agissant des obligations de quitter le territoire français (OQTF) : 6,9 % au premier semestre 2022.
Au total, la Commission des lois du Sénat le soulignait récemment : “la France ne possède plus de réelle stratégie migratoire depuis plusieurs années et se contente d’une politique au fil de l’eau” (…) Alors qu’une politique migratoire cohérente et efficace supposerait de mettre l’accent sur l’immigration économique qualifiée, c’est aujourd’hui tout le contraire qui se produit avec des admissions au séjour principalement tirées par le regroupement familial – dont les conditions d’éligibilité sont notoirement insuffisantes – et l’immigration étudiante – où quasiment aucun contrôle n’est effectué sur la réalité et le sérieux des études suivies ». (11)
Une immigration de plus en plus africaine et musulmane
Les ressortissants des 3 pays du Maghreb représentaient près de 30% des titres délivrés en 2022, les immigrés d’origine africaine plus de 40%, en majorité issus de pays où l’Islam est la religion dominante (outre le Maghreb, Côte d’Ivoire, Sénégal, Guinée) (12).
Parmi les demandeurs d’asile (en Guda), 60% étaient issus de dix pays en 2022, dont 8 pays à population musulmane majoritaire (13).
Au total, l’immigration est devenue le premier moteur de l’augmentation de la population française. Elle dépasse le solde naturel, qui diminue régulièrement (56 000 en 2022) à mesure que la fécondité baisse et que le vieillissement (et donc la mortalité) s’accentue. En 2022, selon l’INSEE, « le solde migratoire (…) estimé provisoirement à +161 000 personnes (…) contribuerait pour près des trois quarts à la hausse de la population » cette année-là (14).
2) Le stock : si les immigrés représentent désormais plus 10% de la population française, un seuil jamais atteint dans l’histoire, cela ne rend pas justice du poids réel de l’immigration en France.
Une part des immigrés dans la population totale à son pic historique
La part des immigrés dans la population française atteint un pic historique, avec 7 millions d’immigrés (réguliers), soit 10,3% de la population française en 2022, contre 5% en 1945, soit un doublement, et moins de 3% en 1911, soit plus qu’un triplement (cf. figure 2).

L’histoire de l’immigration est ponctuée de cycles ; et l’on peut distinguer deux précédents pics dans cette histoire depuis un siècle : vers 1931-32 (6,5%) au sommet du cycle d’immigration d’après guerre de 1914-18, et 1975 (7,5%) au sommet du cycle lié aux « Trente glorieuses ». Dans les deux cas, la période qui suit est celle d’un léger reflux de la part des immigrés dans la population totale. Le cycle que nous vivons depuis une vingtaine d’années est d’une nature nouvelle : il ne correspond pas au besoin de compenser la saignée opérée dans la population autochtone par une guerre meurtrière ou par le manque de main d’œuvre induit par une croissance économique sans précédent. En d’autres termes, cette immigration est subie, c’est moins la France qui invite des étrangers à la rejoindre que des étrangers qui s’invitent en France.
Encore, cette proportion de 10% ne correspond-elle pas à la perception générale des Français selon laquelle elle serait bien plus élevée.
Deux raisons expliquent ce décalage : i) A l’immigration régulière, il faut ajouter le stock d’immigrés en situation irrégulière, les clandestins, qui ne le sont cependant pas tout à fait. Il n’y a pas de statistique officielle, mais on peut en estimer le nombre à partir du nombre de bénéficiaires de l’Aide médicale d’Etat (AME)(15), qui cible exclusivement ce type de population. Le nombre de personnes émargeant à l’AME était de plus de 400 000 à fin 2022 (16) contre 145 000 en 2002, soit un quasi triplement. Patrick Stefanini estimait sur cette base la population clandestine à environ 900 000 (17) ; et (ii) il y a les descendants d’immigrés qui sont devenus français par le droit du sol. L’originalité de la France en Europe est d’ailleurs qu’elle compte plus de descendants d’immigrés de seconde génération que d’immigrés proprement dits.
La France comptait en 2021 7,35 millions de descendants d’immigrés de seconde génération (ayant au moins un parent immigré), soit 11% environ de la population totale, et 4,8 millions de descendants d’immigrés de troisième génération (ayant au moins un grand parent ‘immigré)(18). 57 % des descendants d’immigrés de deuxième génération n’ont qu’un seul parent immigré, tandis que 43 % en ont deux.
Une population immigrée de moins en moins européenne et de plus en plus africaine et musulmane
Il y a 50 ans (1968), plus des trois-quarts des immigrés étaient originaires d’Europe et notamment d’Europe du Sud, en particulier d’Espagne et d’Italie. En 2021, cette part était descendue à 33% , tandis que la part de ceux venant d’Afrique augmentait de 20 points (Maghreb quasi exclusivement : 18,5 points) à 48% (dont Maghreb : 30%)(19). La part des descendants d’immigrés d’ascendance européenne décline aussi graduellement parmi les descendants d’immigrés et leur âge moyen est plus élevé, reflétant les caractéristiques d’une immigration plus ancienne.
L’évolution majeure de ces 50 dernières années, c’est la forte progression de l’immigration originaire d’Afrique.
3) Demain ?
Il est intéressant de se demander si cette nouvelle vague d’immigration, encore une fois sans précédent dans l’histoire de notre pays, va se tarir, se stabiliser ou encore s’amplifier.
A défaut de pouvoir faire des projections, on peut cependant s’appuyer sur quelques éléments peu contestables pour esquisser une prospective plausible.
A politique migratoire européenne et de la France inchangée, il est plus que probable que les flux entrants s’intensifieront.
Par exemple, la population de l’Afrique sub-saharienne va au minimum doubler d’ici 2060 — d’un peu plus de 1 milliard à plus de 2 milliards— dans le scénario le plus prudent des Nations unies. L’aggravation du changement climatique, la persistance de la pauvreté, des phénomènes de sous-alimentation et de malnutrition, de l’instabilité politique et de la mauvaise gouvernance sont des facteurs déjà à l’oeuvre, dont malheureusement peu laisse à penser qu’ils cesseront d’agir, et d’alimenter un désir d’immigration, en particulier parmi les couches jeunes les plus aisées (qui sont les plus promptes à partir). Il en va de même à une échelle bien moindre pour les pays du Maghreb, dont la natalité est cependant mieux maîtrisée.
La population d’origine immigrée augmentera aussi pour des raisons endogènes, parmi lesquelles prime une fécondité plus élevée.
En 2021, l’indicateur conjoncturel de fécondité (ICF) des femmes nées à l’étranger s’est établi à 2,3 enfants par femme en moyenne. Il est le plus élevé pour les femmes nées au Maghreb (2,5) et dans les autres pays d’Afrique (3,3). En regard, l’ICF des femmes nées en France a diminué de 1,9 de 2006 à 2012 à 1,7 en 2021 (20). Cela signifie qu’à terme, indépendamment des flux entrants, la part de la population issue de l’immigration africaine et musulmane va augmenter dans la population totale.
Selon Pierre Albertini, universitaire et ancien député, dans un article récent : « un calcul mathématique simple confirme la baisse inexorable des Français de souche et la hausse corrélative des immigrés qui se retrouveront peu ou prou à égalité en 2070. De cet apport extérieur, les migrants du Sud constitueront de loin la part la plus importante au point d’approcher un tiers de la population totale et même de devenir majoritaires dans quelques départements, tels la Seine-Saint-Denis » (21).
Ces évolutions anthropologiques majeures ne pouvaient rester sans incidence sur la société du pays d’accueil, sa capacité d’intégration, et le vouloir-vivre ensemble. Elles adressent à la France des défis d’une acuité et d’une nouveauté sans précédent dans notre histoire.
Notes :
(1) Un immigré est une personne née étrangère à l’étranger et résidant en France. Les personnes nées Françaises à l’étranger et vivant en France ne sont donc pas comptabilisées. Certains immigrés ont pu devenir Français, les autres restant étrangers. Les populations étrangère et immigrée ne se recoupent que partiellement : un immigré n’est pas nécessairement étranger et réciproquement, certains étrangers sont nés en France (essentiellement des mineurs). La qualité d’immigré est permanente : un individu continue à appartenir à la population immigrée même s’il devient Français par acquisition. C’est le pays de naissance, et non la nationalité à la naissance, qui définit l’origine géographique d’un immigré. Source: INSEE
(2) Source : Ministère de l’intérieur, Lien. Cette statistique ne prend pas en compte les renouvellements de titres même lorsque ceux-ci changent de nature (le renouvellement est sollicité au titre d’un autre motif, par ex. lorsqu’un étudiant souhaitant débuter leur carrière professionnelle en France).
(3) Cité par Patrick Stefanini, « Immigration », 2020, p.29.
(4) Patrick Stefanini, op. cit, p.49.
(5) Patrick Stefanini, op. cit, p.53.
(6) Rapport des sénateurs Jourda et Bonnecarrère. Sénat. 2023. Lien
(7) L’asile est la protection accordée par un État à un étranger qui est ou risque d’être persécuté dans son pays. Il existe 2 formes de protection par l’asile : le statut de réfugié et la protection subsidiaire. L’Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) est seul compétent pour accorder ces statuts en France.
(8) Source : cf. note 2 supra. Le nombre de demandes d’asile est établi à partir du système d’information (SI-Asile) déployé en guichets uniques de demandes d’asile (Guda) et complété par les données de l’OFPRA et de la Cour nationale du droit d’asile (CNDA). En 2022, 155 773 demandes (mineurs compris) ont été formulées en Guda.
(9) Cela permet notamment la régularisation par le travail, pour laquelle deux processus existent déjà aujourd’hui. La loi Hortefeux du 20 novembre 2007 a introduit le processus de régularisation par le travail. Elle prévoit un système de liste de métiers spécifiques (en tension), définis par arrêtés ministériels. Dans ce cadre, il est prévu en fonction d’un certain nombre de critères de pouvoir régulariser des sans-papiers. À cette loi s’est greffée la circulaire Valls du 28 novembre 2012 qui fixe les critères permettant de délivrer un titre de séjour, et notamment celui de “salarié” et de “travailleur temporaire”. Un étranger peut donc aujourd’hui bénéficier d’une “carte salarié”, à condition de justifier d’un contrat de travail à durée indéterminée (CDI), et d’avoir obtenu au préalable une autorisation de travail, sollicitée par son employeur en France. Celle-ci est délivrée pour l’exercice de l’activité salariée figurant sur le contrat de travail, pour un employeur déterminé ainsi que pour une zone géographique qui peut être restreinte.
(10) Source : cf. note 2 supra. Un étranger peut faire l’objet de différentes mesures administratives d’éloignement, notamment l’obligation de quitter le territoire français (OQTF), décidée par le préfet. Ces mesures sont prises en cas de séjour irrégulier, menace à l’ordre public, etc. Le juge peut aussi décider une interdiction du territoire français. Dans l’attente de son éloignement, l’étranger peut être placé en centre de rétention administrative (CRA) ou être assigné à résidence.
(11) Rapport Sénat, op. cit. cf. note 6.
(12) Source : note 2 supra. A noter que les ressortissants des pays du Maghreb et de 11 pays francophones d’Afrique sub-saharienne bénéficient de l’application d’accords bilatéraux (conclus entre la France et leur pays), dont les dispositions sont plus avantageuses et prévalent sur celles de la loi française (c’est à dire le Code de l’Entrée et du Séjour des Étrangers et du Droit d’Asile, CESEDA). Cf. https://www.info-droits-etrangers.org/sejourner-en-france/les-statuts-particuliers/les-ressortissants-dafrique-afrique-subsaharienne-et-maghreb/. Ces accords sont aujourd’hui très contestés, cf. notamment l’analyse de l’ancien Ambassadeur de France en Algérie à propos de l’accord franco-algérien du 27 décembre 1968 (Lien).
(13) Source : note 2 supra. Dont, non sans une certaine ironie, la Turquie.
(14) Source : INSEE, Lien
(15) Sur l’AME, Lien
(16) Et encore « parmi les personnes éligibles à l’aide médicale d’État, près de 87% n’ont pas de droits ouverts en France« , selon Médecins du Monde, Lien.
(17) Patrick Stefanini, op.cit. p.39.
(18) Source : INSEE, Lien. Un descendant d’immigrés de deuxième génération est une personne née en France ayant au moins un parent immigré. Cette définition ne comprend pas les personnes elles‑mêmes immigrées, notamment celles qui ont migré enfant avec leurs parents. Un descendant d’immigrés de troisième génération est une personne née en France ayant au moins un parent descendant d’immigrés et aucun parent immigré (auquel cas, elle serait de deuxième génération). Il a donc de un à quatre grands‑parents immigrés.
(19) Source : INSEE, cf. note 18.
(20) Source : INSEE, cf. note 18.
(21) Pierre Albertini. La démographie française à l’horizon 2070 : vers une double rupture anthropologique. Le Figaro, 30 août 2023. Lien
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