
27 janvier 2026
ll ne s’en cachait plus depuis un certain temps, mais aujourd’hui sa parole s’est totalement décomplexée. Oubliées les précautions de langage destinées à rassurer un certain électorat, on a droit au Mélenchon sans filtre.
Le 22 janvier dernier, dans un meeting à Toulouse en soutien du candidat LFI aux élections municipales, le Lider Maximo 1 de LFI a déclaré : « Nous avons besoin d’élections municipales qui puissent être une démonstration(…) de la capacité de nos listes à incarner la nouvelle France, celle du grand remplacement, celle de la génération qui remplace l’autre parce que c’est comme ça depuis la nuit des temps ».
Vous avez bien lu : « Le grand remplacement ».
Pendant longtemps, c’était un mot 2 dont l’emploi dans le débat public vous faisait considérer comme un personnage sulfureux et dangereux, contaminé par la peste brune. Le mot tabou par excellence, le fantasme de l’extrême droite, l’estampille du fascisme.
Non seulement, Mélenchon l’utilise, mais il le revendique, il en fait même son cheval de bataille.
« La nouvelle France qui remplace l’autre », comme dit Mélenchon, c’est la France de l’immigration et plus particulièrement l’immigration africaine et musulmane, dont on savait qu’elle est la cible et la clientèle électorale favorite de LFI.
Les points sont désormais mis sur les i. Les choses sont claires.
Le peuple historique de France n’intéresse plus Mélenchon. Il est condamné à sortir de l’histoire. Vive le peuple nouveau issu de l’immigration, qui vote bien (quand il vote) car il vote LFI.
Eh bien non !
Je refuse ce qu’on veut nous présenter comme une fatalité et un bienfait.
Je refuse une France communautarisée, créolisée, et islamisée, ou plutôt islamo-gauchisée. Je refuse la « nouvelle France » de Mélenchon. Je veux que le peuple historique de France reste maître chez lui, avec son art de vivre, sa culture, ses valeurs. Et qu’il n’accueille plus – car il ne s’agit pas de fermer les frontières et de céder à la nostalgie d’une pureté ethnique chimérique et de toute façon hors d’atteinte – que ceux qui acceptent de les faire leur et de s’y assimiler 3.
Comme le disait de Gaulle en 1959 dans le contexte de la guerre d’Algérie : « C’est très bien qu’il y ait des Français jaunes, des Français noirs, des Français bruns. Il montrent que la France est ouverte à toutes les races et qu’elle a une vocation universelle. Mais à condition qu’ils restent une petite minorité. Sinon, la France ne serait plus la France » 4.
Fasciste, le Général ? Non, tout simplement patriote. N’ayons pas peur de ce mot, et de le porter haut et fier.
Dans l’immédiat, la récupération de la formule par LFI va lui donner une plus grande audience et d’une certaine manière la respectabiliser en la faisant sortir du champ lexical exclusif de la droite ultra. Si LFI la porte désormais en étendard, après avoir diabolisé ses utilisateurs comme racistes et fascistes, c’est que ce parti croit dans cet avenir et l’appelle même de ses voeux. Un effet paradoxal de cette tactique serait de renforcer le camp de ceux-là mêmes que la perspective de ce « grand remplacement » terrifie, à savoir RN, Reconquête et (en majorité) LR, même quand ils n’utilisent pas la formule.
Fascinante carrière que celle de cette formule, qui plus que jamais va se retrouver au coeur du débat public, et le polariser encore plus.
Notes :
- Titre donné à Fidel Castro (1926-2016, admiré de Mélenchon. ↩︎
- Forgé par l’écrivain Renaud Camus. La formule est apparue dès 2011 dans son livre Abécédaire de l’in-nocence (2010), et à nouveau dans son ouvrage Le Grand Remplacement (2011). Selon lui, le « grand remplacement » désigne le fait qu’« un peuple, issu de la population d’immigrés venus d’Afrique et du Maghreb, se substituerait à un autre, les Français de souche ». ↩︎
- L’assimilation – rappelons-le car on semble l’avoir oublié – est une condition de la naturalisation. Article 21-24 du Code civil : « Nul ne peut être naturalisé s’il ne justifie de son assimilation à la communauté française, notamment par une connaissance suffisante, selon sa condition, de la langue, de l’histoire, de la culture et de la société françaises, dont le niveau et les modalités d’évaluation sont fixés par décret en Conseil d’Etat, et des droits et devoirs conférés par la nationalité française ainsi que par l’adhésion aux principes et aux valeurs essentiels de la République. » On pourra discuter du point de savoir si une connaissance suffisante de la langue, de l’histoire, de la culture et de la société françaises est constitutive d’assimilation. ↩︎
- Cité par Alain Peyrefitte dans C’était de Gaulle (Tome 1). ↩︎
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