Jean-Luc Mélenchon et la « Nouvelle France »

Jean-Luc Mélenchon visé par une procédure chez les francs-maçons ...

20 mars 2026


Jean-Luc Mélenchon a récemment fait sienne la notion de « Grand Remplacement », forgée par l’écrivain Renaud Camus 1

Seulement il lui donne un autre nom : la « Nouvelle France ». Et tandis que le « Grand Remplacement » recèle pour Renaud Camus une promesse de désastre – l’effacement du peuple historique et la relégation de sa culture -, la « Nouvelle France » incarne pour Mélenchon une promesse de renaissance – l’émergence d’une population créolisée, et le triomphe du multiculturalisme et de la diversité, ce que Mélenchon appelle « les bigarrés, les mélangés » 2.

Quelle est la stratégie de Mélenchon à travers cette vision, cet idéal d’une « Nouvelle France » ?

C’est d’abord de s’approprier et de consolider sa domination sur le vote immigré, et notamment celui des Français d’origine africaine et musulmane 3 . La percée de LFI dans les communes où la proportion de cette immigration est forte – avec Saint-Denis en point d’orgue – témoigne du succès de cette stratégie. La position pro-immigrationniste de principe de LFI s’inscrit dans le même dessein. 

Au delà de cet intérêt électoral, il y a aussi la conviction idéologique profonde que le peuple historique de France doit sans cesse être régénéré par des apports extérieurs, comme si la consanguinité biologique et culturelle était un facteur de nécrose, qu’il n’a pas de droits particuliers sur la terre où il s’est enraciné, et que, comme l’avait dit déclaré le Macron de 2017, il n’y a pas de « culture française », mais des cultures qui coexistent, sans primauté de l’une sur l’autre et toujours sujettes à évolution par emprunts, fusion, etc.

Le Mélenchonisme, c’est au fond une sorte de racisme inversé, où le Blanc, plus encore s’il est juif ou chrétien et patriote attaché à sa culture et à ses traditions, fait figure d’archaïsme, voire d’adversaire. En quoi il fait sien l’un des thèmes du wokisme, dans sa tendance décolonialiste/indigéniste 4.

Je crois, au contraire, qu’il existe un peuple historique, qu’il possède des droits infrangibles et imprescriptibles sur son territoire, et qu’il y a une culture française, et que l’un comme l’autre doivent être sauvegardés. Au rythme actuel de l’immigration, et compte tenu de l’effondrement de la fécondité des femmes françaises, on peut prédire que d’ici une cinquantaine d’années, voire moins, le peuple historique sera minoritaire dans son propre pays. Et que si l’islam politique radical n’est pas endigué d’ici là, cette transformation anthropologique aura des conséquences politiques évidentes, telles que le scénario imaginé par Michel Houellebecq dans son roman Soumission (2015) – l’élection d’un président musulman – ne paraît plus relever de l’hypothèse farfelue. 

Pour que ce scénario cauchemardesque ne se réalise pas, il faut d’abord combattre politiquement Mélenchon et sa « meute » (LFI) 5. Il faut aussi profondément revoir la politique migratoire suivie depuis des années, ou plutôt définir une politique migratoire, car ce que nous connaissons depuis plus de 30 ans c’est plus exactement le grand « laisser entrer », assaisonné de laxisme et de mollesse (comme on le voit avec l’échec chronique à renvoyer les sujets sous OQTF 6 dans leur pays d’origine, la dépénalisation de l’assistance apportée à l’immigration clandestine 7, le droit à une couverture médicale gratuite pour les clandestins, etc.). Une politique migratoire nouvelle n’interdira pas toute immigration ; elle s’assurera simplement que cette immigration est modérée, contrôlée, et surtout choisie. Elle pourra prendre appui – en la renforçant – sur la loi du 26 janvier 2024 (due au Sénat, et à Bruno Retailleau en particulier) pour contrôler l’immigration, améliorer l’intégration, dans le texte d’avant sa censure par le Conseil constitutionnel 8.

Car pour que le peuple historique reste souverain chez soi, il faut qu’il reste majoritaire sur son territoire. De Gaulle, comme souvent, l’avait bien saisi : « C’est très bien qu’il y a ait des Français jaunes, des Français noirs, des Français bruns. Ils montrent que la France est ouverte à toutes les races 9 et qu’elle a une vocation universelle. Mais à condition qu’ils restent une petite minorité. Sinon la France ne serait plus la France » 10.

La « Nouvelle France », ce n’est tout simplement pas la France, c’est même la négation de la France, et je veux croire que les Français sortiront assez tôt de leur somnolence politique pour y mettre un coup d’arrêt. Il n’y a qu’une France, celle de son peuple historique, de ses valeurs et de sa culture, et ce n’est pas celle que Jean-Luc Mélenchon appelle de ses voeux.

Notes :

  1. La formule est apparue en 2011 dans son livre Abécédaire de l’in-nocence (2010), et à nouveau dans son ouvrage Le Grand Remplacement (2011). ↩︎
  2. Mots prononcés lors d’un meeting à Paris le 18 mars 2026. ↩︎
  3. D’après un sondage Ifop pour La Croix, 62 % des Français de confession musulmane auraient choisi la liste LFI aux élections européennes de 2024. Selon Valeurs actuelles du 15 juin 2024 : « On estime que nos concitoyens musulmans représentent à peu près 10 % des personnes inscrites sur les listes électorales, soit un total d’un peu moins de 5 millions de votants. Un quart d’entre eux ayant choisi le parti de Mélenchon, on obtient un nombre de votants musulmans en faveur de LFI oscillant entre 1,2 et 1,3 millions. Avec au niveau national plus de 2,4 millions de votes le 9 juin pour la liste de Manon Aubry, la proportion d’électeurs musulmans se situe bien autour des 50 % du total des votes LFI ».  ↩︎
  4. Laquelle fait du Blanc un raciste systémique, et d’ailleurs le seul raciste. ↩︎
  5. Référence au titre du livre La Meute, publié en 2025 par Charlotte Belaïch et Olivier Pérou, qui décrit LFI comme un mouvement autocratique et clanique, centré autour de Jean-Luc Mélenchon, avec des pratiques violentes et un manque de tolérance envers les divergences. ↩︎
  6. Obligations de quitter le territoire français. ↩︎
  7. Au nom d’un principe constitutionnel de fraternité opportunément inventé par le Conseil constitutionnel dans une décision du 6 juillet 2018. ↩︎
  8. Le Conseil avait censuré 35 articles de la loi, essentiellement pour des raisons de procédure (« cavaliers législatifs », c’est à dire des dispositions jugées – de façon très discutable – étrangères à l’objet de la loi). Analyse ici. ↩︎
  9. De Gaulle s’exprime en 1959. On n’emploierait plus ce mot aujourd’hui. Depuis la ↩︎
  10. Cité par Alain Peyrefitte dans son livre C’était de Gaulle, tome 1. Plus loin dans le même livre, et pour récuser l’idée de l’intégration de l’Algérie à la France, prônée par les tenants de l’Algérie française, il s’exclame : « Vous voyez un président arabe à l’Elysée ». ↩︎

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