
10 janvier 2026
Hormis quelques îlots comme la Corée du Nord, le capitalisme est le logiciel économique d’un monde de plus en plus interconnecté. La dissolution de l’Union soviétique en 1991 a scellé la fin de la guerre froide, mais aussi le triomphe du capitalisme sur le seul contre-modèle qui prétendait le supplanter 1. Le capitalisme – qui ne se rencontre jamais à l’état pur, et qui se prête à de nombreuses variations selon le degré d’interventionnisme des Etats 2– paraît être dans l’ordre naturel des choses.
Pour autant, faut-il faire sien le jugement attribué à Margaret Thatcher un jour 3, selon lequel il n’y aurait pas d’alternative au capitalisme et à l’économie de marché ?
Dans ce livre-plaidoyer, l’économiste-activiste autrichien Christian Felber soutient au contraire qu’un ordre économique autre que l’actuel est non seulement désirable mais possible, ce qu’il appelle « l’économie du bien commun » (à ne pas confondre avec le livre éponyme de Jean Tirole 4).
L’auteur ne donne pas de définition de ce concept, qui ne peut être que complexe et évolutive, sauf à mettre en avant le bien être de tous les êtres humains et du monde naturel. Il ne s’agit pas tant de prescrire un modèle idéal unique que de décrire les éléments qui doivent en constituer l’ossature.
Il ne s’agit pas davantage de liquider l’économie de marché, mais d’en tempérer les excès et les dérives (inégalité, spéculation, obsession de la croissance, concentration du pouvoir, etc.). L’auteur décrit d’ailleurs ce modèle comme une « économie de marché coopérative ».
Le livre est riche et dense, parfois peu explicite sur les détails et les modalités de mise en oeuvre de ses propositions. On peut y distinguer cinq idées-fortes.
1) Réaccorder les valeurs de la société et celles de l’économie
S’inspirant de la distinction qu’Aristote opérait entre l’économie (oikonomia) – c’est à dire la recherche du bien-être pour tous les membres de la maisonnée / société – et la chrématistique (chrematisike) – c’est à dire la poursuite du gain monétaire et l’accumulation -, l’auteur soutient que « l’économie originelle est, par définition, une économie du bien commun ». Mais le système économique moderne, en privilégiant la chrématistique (pour faire court, le capitalisme), s’est détourné du bien commun.
L’idée centrale est de supprimer la « schizophrénie éthique (une « catastrophe culturelle » selon l’auteur), c’est à dire la contradiction entre les valeurs de l’économie (recherche systématique du profit et concurrence, égoïsme et avidité 5) et celles de la société (confiance, empathie, respect, coopération, partage, etc.).
Au faîte de celles-ci, l’auteur place la dignité, la valeur la plus haute, qui est aussi une « précondition de la liberté ».
Cela implique que le but de l’économie ne soit pas la croissance à tout prix et de maximiser le profit, mais le bien commun, que les valeurs d’usage remplacent les valeurs d’échange, que l’argent ne reste qu’un moyen au lieu d’être une fin en soi, que la coopération supplante la concurrence.
Cela implique aussi, pour mesurer ce qui compte réellement, de remplacer nos métriques monétaires habituelles par des métriques non monétaires : que le produit du bien commun (PBC) remplace le produit intérieur brut (PIB) 6, qu’un bilan du bien commun (BBC) 7 supplante le bilan financier usuel des entreprises, et que le retour éthique sur investissement se substitue au seul rendement financier.
On ne saurait assez insister sur l’importance de ce nouveau bilan des entreprises. Donnant désormais la primauté à des indicateurs qualitatifs proches de ce qu’on appelle la RSE (Responsabilité sociétale des entreprises), il permettrait aux entreprises les plus vertueuses de bénéficier d’avantages en termes de fiscalité, de conditions de prêts, de droits de douane, d’accès aux marchés publics, etc. Selon l’auteur, ces avantages permettraient à leur tour à ces entreprises de vendre plus facilement leurs produits et de ne plus être – comme actuellement – pénalisées par rapport aux entreprises qui jouent le jeu pur du capitalisme sans égards pour la dimension sociale et environnementale – éthique en un mot – de leur activité.
2) Démocratiser l’entreprise
Le capitalisme, on le sait, concentre le pouvoir dans l’entreprise entre les mains des actionnaires, et des managers que ceux-ci ont désignés 8. Dans les grandes entreprises, une partie importante du capital est détenue par des fonds d’investissement ou de pension. L’époque récente a vu une financiarisation croissante du capitalisme, où le gain à court terme prime sur le développement à long terme. 9 Ce qu’on appelle en France l’économie sociale et solidaire (ESS) reste minoritaire, représentant cependant 10 % du PIB et près de 14 % des emplois privés en France (200 000 entreprises et structures et 2,38 millions de salariés).
Le salarié n’a aucune part ou une part minimise aux décisions de l’entreprise, ni à ses résultats (son bénéfice), sauf mécanismes d’intéressement et de participation, qui demeurent marginaux et largement laissés au bon vouloir des entreprises 10.
Pour corriger cela, l’auteur propose :
– d’introduire la codétermination, c’est à dire le transfert aux employés des droits de vote dans l’entreprise à partir d’une certaine taille (par exemple, 250 employés), la fraction transférée croissant avec la taille de l’entreprise ;
– d’introduire la possibilité de transférer graduellement un pourcentage à déterminer de la propriété (actions) de l’entreprises aux employés (à travers un fonds) ;
– de transférer une fraction croissante des profits aux employés selon la taille de l’entreprise (l’argument étant que plus l’entreprise est grande, plus grande est la fraction du profit produite par les employés, mais captée par le(s) propriétaire(s)) ; dans l’exemple que donne l’auteur, le propriétaire fondateur d’une entreprise de plus de 100 salariés n’aurait plus droit à des dividendes après 20 ans (-5% par an), mais son travail dans l’entreprise continuerait d’être rémunéré en tant que travailleur et il pourrait bénéficier de droits à pension supplémentaires ;
– de limiter la transmission par héritage des entreprises aux enfants et autres ayants-droits (cf. infra) ;
– de créer des « communs démocratiques » pour certaines activités – de service public – comme l’éducation, les soins de santé, la mobilité, l’énergie, et les communications, sans préciser si tout ou seulement une partie de ces secteurs (très vastes) seraient ainsi gérés. La différence entre ces communs et les entreprises publiques classiques réside dans le contrôle démocratique des premiers, alors que les entreprises publiques sont sous le seul contrôle des autorités publiques (ou de leurs managers), ce qui a pu parfois en affecter l’impartialité et la neutralité.
3) Réduire l’inégalité
Le capitalisme sécrète l’inégalité des revenus et des patrimoines, car il récompense les meilleurs dans un système voué à la recherche incessante du plus grand gain monétaire, et, par l’héritage, permet de transmettre un capital parfois considérable à des ayants-droits qui ne se sont donné, comme le dit Figaro dans la pièce de Beaumarchais, que « la peine de naître, et rien de plus » 11.
Pour corriger cela, l’auteur propose :
– de plafonner les écarts de rémunération dans l’entreprise et le montant du patrimoine total détenu par un particulier ;
– de plafonner le montant transmissible par l’héritage (par exemple, entre 500 et 700 000 euros par ayant-droit 12), et allouer le produit ainsi dégagé à chaque personne en âge d’entrer dans la vie active, sous forme d’une « dot démocratique » d’égal montant (déduction faite de la valeur de leur propre héritage) distribuée par un « fonds générationnel » public. Pour les biens immobiliers, la part excédant ce seuil devrait faire l’objet d’une soulte au profit du « fonds générationnel ». Il n’y aurait plus de discrimination à la naissance fondée sur l’absence de capital puisque chacun disposerait du même capital de départ ; c’est certainement l’une des propositions les plus attrayantes du livre 13;
– de supprimer les dividendes payés aux actionnaires qui ne travaillent pas dans l’entreprise ;
– de créer un revenu minimum ; et
– de supprimer la propriété privée du foncier. Ce dernier serait attribué en fonction des besoins, dans certaines limites, et à coût nul pour les terres agricoles, ou un droit usage pour le logement individuel ou les autres utilisations productives. Il n’y aurait plus que des usufruitiers, sans que le livre précise qui en serait le propriétaire. Les impôts fonciers seraient en contrepartie supprimés, comme le serait la spéculation foncière.
4) Faire de l’argent un bien public
La finance est le talon d’Achille du capitalisme. Elle crée, ou amplifie les bulles, comme on a l’a vu avec la crise de 1929, et celle des subprimes en 2008. Cette dernière avait conduit à des recapitalisations massives aux frais du contribuable car certaines banques sont devenues trop grosses pour faillir (« too big to fail« ).
L’auteur préconise la fin des banques commerciales et des financiers tels que nous les avons connus.
Une Banque démocratique, à but non lucratif, et gouvernée par les citoyens (comme les « communs », cf. ci-dessus), distribuerait des prêts à taux réduit (ne couvrant que les frais de fonctionnement), ne rémunérerait pas les comptes bancaires, ne distribuerait pas de dividendes, et financerait le déficit budgétaire de l’Etat par des prêts à taux zéro 14.
Au sommet de la pyramide, la banque centrale (démocratique) aurait le monopole de la création monétaire, et contrôlerait les mouvements de capitaux pour éviter l’évasion fiscale.
La Banque démocratique ne pourrait pas faillir ; la banque centrale la recapitaliserait ne cas de besoin.
Pour les fonds propres, l’auteur envisage la création de bourses régionales du bien commun, qui pourrait investir dans les entreprises sous forme d’actions non rémunérées. Le livre est très vague sur les modalités.
Une monnaie internationale d’échange ou de réserve serait créée (dénommée Globo ou Terra), sur le modèle du bancor présenté par Keynes au sommet de Bretton Woods en 1944 15.
5) La démocratie comme clé de voûte
Ces proportions aboutiraient à un élargissement considérable du champ de la démocratie, puisqu’elle investirait celui de l’économie, où elle n’avait quasiment pas droit de cité.
Au fond, c’est à une vaste redistribution du pouvoir économique vers le peuple souverain, et donc du pouvoir politique que la concentration du pouvoir économique confère à certains intérêts privés ou oligarques 16, qu’appelle ce livre.
Qu’il s’agisse de l’extension de la propriété et de la codétermination des entreprises par les employés, de la gestion par les citoyens des « communs » (les grands services publics), ou encore de définir les modalités concrètes d’application de la plupart des propositions résumées ici (écart maximum entre rémunérations, montant maximal du patrimoine détenu par un particulier, etc.), le peuple souverain serait appelé à décider.
Pour ces dernières, l’auteur propose la tenue d’une convention économique démocratique dont les conclusions seraient approuvées par le peuple souverain et compilées dans une constitution.
L’auteur propose également d’enrichir la démocratie représentative par davantage de démocratie directe et participative (comme la codétermination dans les entreprises).
En combattant les inégalités les plus criantes de revenu et de patrimoine, l’économie du bien commun contribuerait au renforcement de la démocratie au sens sociologique de Tocqueville : l’égalité des conditions.
Des angles morts
Le livre est très ambitieux et embrasse de nombreux de la vie économique et sociale. Il est cependant largement muet sur plusieurs aspects-clés : le rôle de l’Etat ; le montant et la structure des prélèvements obligatoires ; le champ et le financement de la protection sociale ; la transition écologique ; etc.
Mais au delà de ces points techniques, la faiblesse du livre c’est de ne pas s’interroger sur les conditions de plausibilité et de faisabilité politique de ses propositions.
Certes, il convient qu’un pays ne pourra pas se convertir seul à l’économie du bien commun. Il se créerait un désavantage compétitif tel qu’il lui faudrait se protéger de la concurrence extérieure, faute de quoi on ne ferait qu’exacerber les déséquilibres que nous connaissons déjà avec le libre-échange actuel (cf. le débat autour du Mercosur 17). Un tel protectionnisme est cependant concevable, et c’est d’ailleurs la direction dans laquelle paraît s’orienter le monde 18.
Je suis aussi assez perplexe sur la nature du contrôle démocratique. Comment s’assurer de la compétence, de l’indépendance et de l’intégrité des parlements économiques régionaux évoqués par l’auteur (et dont le détail reste très flou) dont les membres élus représenteraient le peuple dans les conseils de surveillance des entreprises ? Comment éviter que ce pouvoir ne soit confisqué de facto par des fonctionnaires et des politiques ?
C’est surtout l’acceptabilité politique interne de telles propositions qui suscite le scepticisme. S’il y aura des gagnants – les petits pour faire simple -, il y aura des perdants. Et ces derniers ne se laisseront pas faire.
Au fond, l’auteur propose une sorte de communisme démocratique et pacifique. L’histoire n’en offre pas de précédent, mais plutôt le spectacle de violences inouïes perpétrées contre les classes dominantes et les propriétaires en général. La dékoulakisation s’accomplit rarement sans la dictature, et parfois un bain de sang.
La démocratie n’est jamais allée au delà de la social-démocratie, c’est à dire un capitalisme tempéré par la protection sociale et la redistribution, le droit du travail, et parfois un peu de codétermination (comme en Allemagne dans les plus grandes entreprises) ; mais un capitalisme tout de même, dont les grands traits (et les défauts, diraient les critiques), certes adoucis, demeurent.
Pourquoi le peuple souverain ne semble t-il pas vouloir ce mieux qu’on lui promet ?
Sans réponse à cette question, l’économie du bien commun risque de rester une séduisante et touchante utopie.
Citations
« L’économie classique n’a pas d’âme (…) ; nous devons à nouveau lui insuffler une âme » 19
« Peut-être (la) confusion entre les objectifs et les moyens est-elle au cœur des problèmes de notre ordre économique actuel » 20
« Nous n’avons savouré qu’environ un dixième de ce que le démocratie rend possible » 21
« Pour créer une démocratie vivante, il faut mettre fin à l’imbrication entre la politique et les affaires et limiter les inégalités » 22
« Les partis politiques constituent une impasse sur la voie vers une démocratie « authentique » car ils mettent l’accent sur les factions plutôt que sur la coopération » 23
« Le darwinisme social, avec ses principes scientifiquement infondés, est la religion secrète de l’économie mondiale » 24
Notes
- Pour Marx, le communisme doit nécessairement succéder au capitalisme, miné par ses contradictions, et l’avènement du communisme signifie également la fin de l’histoire, puisque son moteur – les lutte de classes que le communisme abolit – cesse d’opérer. Cf. Manifeste du Parti communiste (1848), IIe partie. ↩︎
- Le degré de contrôle de la production par l’Etat (entreprises publiques), de régulation, de taxation, de production publique (services publics), de protection sociale, de redistribution, de libre-échange, de participation des travailleurs aux profits et aux décisions, etc., dessinent des configurations de capitalisme qui peuvent paraître très différentes. ↩︎
- « There is no alternative » ou TINA, une phrase attribuée à Margaret Thatcher, mais en réalité due à Herbert Spencer, en 1851, et pour désigner autre chose. ↩︎
- Paru en 2016. ↩︎
- Idéologie qui trouve sa justification doctrinale dans les célèbres pages d’Adam Smith dans la Richesse des Nations (1776) sur la « main invisible » et comment la poursuite de l’intérêt individuel contribue au bien-être général, ce dernier étant en quelque sorte un sous-produit heureux de l’action égoïste. Selon Felber, cette main invisible n’existe pas ; c’est un « pur espoir ». ↩︎
- Le président Sarkozy avait eu l’idée de réunir une commission pour réfléchir à ce sujet et proposer des métriques alternatives : ce fut la commission Stiglitz-Sen-Fitoussi, qui rendit son rapport en septembre 2009. Cf. cet article de l’INSEE et cette critique. ↩︎
- Voici les cinq valeurs que ce bilan « mesurerait » : dignité, solidarité, justice, soutenabilité écologique, démocratie. ↩︎
- Que ces derniers usurpent parfois le pouvoir des premiers est une anomalie, que l’on négligera dans cette analyse. ↩︎
- Une étude d’Euronext (la société qui gère plusieurs marchés boursiers européens dont Paris) de mars 2025, analyse la propriété du CAC 40. 33,7 % des actionnaires ne sont pas identifiés. Un tiers de l’actionnariat du CAC 40 passe en effet sous les radars, du fait de la fragmentation de l’actionnariat et des règles de l’Autorité des marchés financiers n’obligeant pas la publication des informations en dessous d’un certain seuil. Les fonds contrôlent en 2023 25 % de l’actionnariat des 40 plus grandes capitalisations boursières françaises. Les trois fonds les plus puissants sont américains : Vanguard, BlackRock et Capital Group possèdent chacun entre 2 % et 2,4 % du CAC 40. Les familles et les fondateurs détenaient 21% des actions du CAC40 en 2023. Derrière la famille Arnault (7,3%), on retrouve celles d’Hermès, de Bettencourt Meyers (L’Oréal) et Del Vecchio (EssilorLuxottica). L’actionnariat du CAC 40 est aussi composé de milliers de personnes, qu’il s’agisse d’investisseurs particuliers (propriétaire de 5,4 % des titres) ou de salariés des entreprises (3 %). Le capital des principales capitalisations boursières tricolores est enfin détenu par des personnes morales, entreprises, institutions financières et États. Les participations étatiques déclinent sur la dernière décennie. Les États ne détiennent plus en effet que 5,1 % (dont 2,5% pour l’Etat français) du capital des entreprises du CAC 40 en 2023, contre 9 % en 2012. Source. ↩︎
- Seule la participation est obligatoire, dans les entreprises d’au moins 50 salariés.
Le montant des primes de participation ou d’intéressement et les abondements de plans d’épargne salariale dans les entreprises du secteur privé non agricole est estimé à 26,7 milliards d’euros brut en 2023. 8,9 millions de salariés ont reçu cette année-là une prime d’épargne salariale (participation ou intéressement attribué au titre de l’exercice 2023, ou abondement d’un plan d’épargne salariale)(source : DARES). A titre de comparaison, les seules quarante entreprises du CAC 40 ont distribué un montant record de 97,1 milliards d’euros à leurs actionnaires en 2023, en dividendes ou rachats d’actions (source : BFM). Les comptes de la Nation indiquent qu’en 2023 les dividendes et rachats bruts versés par l’ensemble des sociétés non financières en France s’élèvent à environ 265 milliards d’euros (dont 191 milliards d’euros reçus de l’étranger). Quand on y ajoute les entreprises financières et les ménages, on constate que le reste du monde reçoit un flux de 78 milliards d’euros en 2023 et en verse 100 milliards d’euros. Il y a donc un flux net de distribution (22 milliards d’euros ou 0,8% du PIB) dont profite la France (source : AGEFI). ↩︎ - Beaumarchais, Le mariage de Figaro. Acte V, scène 3. ↩︎
- Le livre est paru en 2012. ↩︎
- Assez curieusement, les Français demeurent dans une large majorité partisans d’une faible taxation des successions, alors que la plupart des successions se font déjà en franchise d’impôt et que le régime actuel contribue à accentuer les inégalités. Cf. l’analyse du Conseil d’analyse économique (CAE) parue fin 2021, ici. ↩︎
- Les autres banques pourraient survivre mais qu’en tant qu’organismes à but non lucratif, comme les banques mutualistes. Le livre est avare de détails. ↩︎
- Mais rejeté par le négociateur américain, Harry White, qui souhaitait faire du dollar US la monnaie internationale de référence, et eut gain de cause. ↩︎
- L’auteur n’emploie pas le terme, mais difficile de ne pas songer au pouvoir exorbitant que se sont acquis les géants de la tech aux Etats-Unis, y compris aujourd’hui dans la sphère politique. ↩︎
- Le traité entre l’UE et le Mercosur a été signé en janvier 2026, après un vote à la majorité qualifiée, en dépit du vote négatif de la France. ↩︎
- L’UE vient d’opérationnaliser le mécanisme d’ajustement carbone à la frontière (MACF) qui grèvera de quasi droits de douane l’importation de produits de base (ciment, acier, etc.) au contenu carbone jugé élevé. ↩︎
- « Classic economics has no soul (…); we must breathe a soul into it again ». ↩︎
- « Perhaps this confusion between goals and means is central to the problems of our current economic order ». ↩︎
- « We have only savoured about one tenth of what is possible through democracy ». ↩︎
- « If a living democracy is to be created, the entwinement of politics and business must be dissolved, and limitations must be put on inequity ». ↩︎
- « Parties are a dead end on the way to « genuine » democracy because they emphasise the factional rather than the mutual ». ↩︎
- « Social Darwinism, with its scientifically unsound tenets, is the secret religion of the world economy ». ↩︎
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