
6 avril 2026
La démocratie, ce n’est pas seulement le gouvernement du peuple par et pour le peuple, le respect des libertés fondamentales, mais aussi, ou devrait être – j’en suis convaincu – une exigence de la vérité dans le discours politique. Car si l’on trompe le peuple – qui, selon la théorie démocratique, est le seul souverain – alors la démocratie est dévoyée.
La désinformation fait partie de l’arsenal politique depuis l’aube des temps. Les premiers que l’on accuse de s’y livrer sont les sophistes de la Grèce antique, et Platon à travers Socrate est leur premier dénonciateur.
Avec LFI , nous assistons médusés à la banalisation de l’intolérance, du sectarisme, de l’intimidation, et même de la violence, dans le champ politique. Mais aussi de la désinformation, au sens d’une utilisation biaisée et systématique de certains étiquettes infamantes pour diaboliser ses adversaires politiques.
Ainsi de raciste et de fasciste.
On n’a jamais autant entendu que ces derniers temps ces termes, pointés comme des armes contre des politiques, des médias ou des intérêts économiques qui s’opposent à LFI et à cette partie de la gauche qui est à sa remorque.
La grande polémique qui embrase le microcosme médiatico-politique depuis quelques jours concerne le racisme présumé des propos tenus le 28 mars 2026, au lendemain des élections municipales, par le philosophe Michel Onfray sur CNews et Europe 1 (et la veille par le Dr. Jean Doridot sur CNews).
J’ai visionné les images originales de l’émission (lien) pour me faire une opinion et ne pas céder au panurgisme orchestré par la gauche et les médias complaisants. Je n’ai pu y déceler aucun racisme.
Au plan pénal, la jurisprudence française, illustrée par l’arrêt de la Cour de cassation du 25 février 2025, impose aux juges d’examiner le sens et la portée des propos lorsqu’une injure est qualifiée de raciste.
Il n’y a de racisme dans cette affaire que si certains VEULENT y voir du racisme. Et nous y voilà. Quelques mots tirés de leur contexte, mais que CERTAINS VEULENT associer aux populations d’origine africaine (deux en fait : « tribus primitives » ; « mâle dominant ») déchaînent une tempête dans ce petit monde, justifiant toutes les généralisations (la droite est raciste) et même la demande de… fermer CNews.
Tout cela avec la passivité (complicité ?) du Gouvernement et de la puissance publique. Le ministre de l’intérieur Laurent Nuñez annonce à l’Assemblée nationale qu’il va faire « expertiser » ces propos pour voir s’il n’y a pas matière à une action pénale (l’injure publique à caractère raciste est un délit depuis la loi Pleven de 1972 1). Mais qu’y a t-il à expertiser si le racisme est si évident, si caractérisé ? On n’expertise que lorsqu’il y a doute. Les accusations de racisme continuent à être déversées dans les médias « comme il faut » (Onfray) : Le Monde, Libération, Télérama, le « Service public », etc.
Un point a peu retenu l’attention. Pour qu’il y ait injure raciste, il faut que la personne ou le groupe visé soit de couleur ou « racisé » (comme disent les wokes), et que préférablement celui qui la profère soit un Blanc. Selon les wokes, d’ailleurs, il ne peut-être de raciste que Blanc. Aucune mention de cela dans le code pénal évidemment.
Mais le microcosme médiatico-politique fait bien la différence. Quand Mélenchon insulte les Français de souche (blancs), avec ces propos de haute tenue : « tout blancs, tout moches que vous êtes » (18 mars), ou quand l’acteur Matthieu Kassovitz s’exclame : « Il y a des Français de souche, ça s’appelle des fins de race » (mai 2025), ils ne sont pas accusés de racisme car leurs propos ne visent que des…Blancs. Seuls la droite et le RN se sont offusqués.
Tout cela participe d’une stratégie visant à disqualifier les adversaires de LFI, la droite particulièrement, mais aussi, plus insidieusement, toute critique de personnes issues de l’immigration et la politique pro-immigration elle-même.
En 1969, le regretté Raymond Aron publiait un essai sur les « marxismes imaginaires ». S’il était encore parmi nous, je pense qu’il ne lui aurait pas déplu d’y ajouter un codicille sur les racismes imaginaires.
Au fond, la « Nouvelle France » dont rêve Mélenchon, et dont il parle sans filtre, n’est-ce pas cela au fond : une France purgée des « réacs », et donc, une France sans Blancs ?
Notes :
- modifiant la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse : « Ceux qui, par l’un des moyens énoncés à l’article 23 [tout moyen d’expression dans le domaine public], auront provoqué à la discrimination, à la haine ou à la violence à l’égard d’une personne ou d’un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée, seront punis d’un an d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende ou de l’une de ces deux peines seulement ».
Selon la Cour de cassation : « constitue une injure à caractère raciste toute expression outrageante, terme de mépris ou invective, qui ne renferme l’imputation d’aucun fait précis, envers une personne ou un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée. »
On ne sache pas évidemment qu’Onfray ait provoqué à la discrimination, à la haine ou à la violence contre qui que ce soit, ou utilisé une expression outrageante. Ce qui fondait sa critique, en l’occurrence, ce sont les menaces proférées par le nouveau maire de Saint-Denis (Malien d’origine) à l’égard de fonctionnaires municipaux qui n’appliqueraient pas son programme. On rappellera qu’un maire ne peut se séparer discrétionnairement que des membres du cabinet, lesquels ne sont pas des fonctionnaires. Onfray faisait un rappel à la loi. Mais, rien ne remplace l’écoute de cette vidéo. ↩︎
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