RIP Samuel Paty. A propos de « L’abandon », film de Vincent Garenq

Peut être une image de texte qui dit ’LES 11 DERNIERS JOURS DE SAMUEL PATY o ANTOINE REINARTZ VINCENT GARENO EMMANUELLE BERCOT L'ABANDON PROCHAINEMENT AU CINÉMA’

3 juin 2026

Je viens de voir L’abandon, le film de Vincent Garenq, qui fait le récit des 11 derniers jours de la vie de Samuel Paty, professeur d’histoire-géo dans un collège de Conflans-Sainte-Honorine, décapité le 16 octobre 2020 après le cours par Abdoullakh Anzorov, réfugié russe d’origine tchétchène, aux cris d’« Allahou Akbar ! »….

Pourquoi ? Parce qu’il avait montré et commenté, dans un cours sur la liberté d’expression, des caricatures publiées dans Charlie-Hebdo du prophète Mahomet.

J’en suis sorti profondément remué, n’ayant pu retenir quelques larmes durant la projection, si poignantes sont certaines scènes.

Ce film bouleversant est admirablement réalisé et remarquablement interprété (notamment Antoine Reinartz dans le rôle de Samuel Paty, Emmanuelle Bercot, dans celui de la Principale, et Azize Kabouche, dans celui de l’islamiste radicalisé, fiché S, Tahar Amara).

L’ « abandon » du titre, c’est le nom d’une série de défaillances, qui pour certaines, si elles ne s’étaient pas produites, auraient pu prévenir le drame. On ne le saura jamais :

– celle de la police et autres services administratifs, trop fragmentés, cloisonnés, et qui ne prennent pas suffisamment la menace (de mort) au sérieux ;

– celle du maire, qui renvoie la responsabilité de la sécurité des profs à l’éducation nationale… ;

– celle aussi de certains professeurs qui se désolidarisent (même, pour l’un, ouvertement devant les élèves) de leur collègue, au motif qu’il aurait commis une « erreur » en permettant aux enfants qui pourraient être heurtés par les caricatures de sortir de la classe ; le « référent laïcité » du rectorat ne vaut guère mieux…

Tout part d’un mensonge. Celui de Bashira (nom modifié), une élève de Paty, qui, dans la relation qu’elle fait à ses parents du cours en question (à laquelle… elle n’a même pas assisté) et sans doute pour se venger de l’exclusion provisoire qui la frappe (pour manquements répétés à la discipline), travestit les faits pour montrer le professeur sous les traits d’un islamophobe. Mensonge dont Bashira devient ensuite prisonnière.

Deuxième temps : la mise en place d’une cabale via les réseaux sociaux contre Paty. La version (travestie) des faits de Bashira soulève l »indignation de son père, Kader, qui s’en ouvre auprès d’un pseudo-représentant des imams de France, en fait, un salafiste radicalisé, Tahar Amara. Celui-ci pousse le père à porter plainte et orchestre une campagne contre Paty sur les réseaux sociaux. Des vidéos qui circulent dans les milieux musulmans, et qui finissent par susciter l’attention du futur meurtrier.

Le film montre bien l’impact potentiellement mortifère des réseaux sociaux, qui peuvent se transformer en un instant en tribunal, un tribunal où seule l’accusation aurait voix au chapitre et condamne l’accusé sans qu’il ait pu se défendre. Surtout si ces réseaux sont instrumentalisé par des activistes politiques (Tahar Amara) qui savent exactement ce qu’ils veulent et ce qu’ils font.

J’en tire pour ma part quelques enseignements :

1.- Il ne faut pas transiger sur les principes et valeurs qui fondent la Nation et la République française. Celles et ceux qui veulent devenir Français(es) ou simplement vivre en France doivent montrer leur volonté d’y adhérer. « L’examen civique » désormais demandé pour obtenir la naturalisation a cet objet. Peut-être faudrait-il l’exiger pour toutes les modalités d’acquisition de la nationalité française, même par droit du sol, car « l’assimilation à la communauté française » devrait être une exigence générale.

2.- La France doit faire corps avec ses fonctionnaires et ses professeurs qui défendent la liberté d’expression et la laïcité.

A ce propos, rien de pire que les accommodements, dont le camp est incarné dans le film par ce professeur qui déclare en classe se « désolidariser » de son confrère. Les ennemis de la laïcité et de la liberté d’expression se nourrissent de ces failles qu’ils aperçoivent dans notre société occidentale démocratique, pénétrée des valeurs de doute critique et de tolérance. Ces valeurs ne doivent pas être retournées et servir les desseins de ceux qui ne rêvent que d’en faire un autodafé !

3.- La menace terroriste est si présente, si sérieuse, qu’on ne peut plus la prendre à la légère, et que la mise en place d’un dispositif d’alerte et de protection doit se faire de manière moins bureaucratique (scène surréelle dans le film où la Principale note à la va-vite sur des post it tous les acronymes des services qu’elle doit contacter…)

4.- La France doit être plus stricte à l’égard de l’entrée des étrangers, même réfugiés (Anzorov était détenteur du statut de réfugié de par ses parents). Il faut redéfinir notre politique migratoire autour des trois C : consentie ; choisie ; contrôlée. Aujourd’hui elle n’est ni consentie ; ni choisie ; ni contrôlée (ce qui inclut une plus grande fermeté en matière de mesures d’éloignement, comme l’application des OQTF).

Ce film devrait être montré à tous les élèves du secondaire, être l’occasion d’une réflexion avec eux sur ce que sont la laïcité et la liberté d’expression, et sur l’usage des réseaux sociaux.

Il importe aussi de combattre avec détermination, partout et sans relâche, l’Islam radical et son prosélytisme.

Il est temps que la main de nos gouvernements cesse de trembler, surtout pour de mauvaises raisons.

Ainsi le sacrifice de Samuel Paty n’aura pas été en vain.

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