Euro numérique : de quoi s’agit-il ?

Euro digital del BCE representado con símbolo del euro y red de conectividad digital

1er juillet 2026

Le débat sur l’euro dit « numérique » a été jusqu’à présent cantonné aux spécialistes.

Le projet d’euro numérique (digital euro) est aujourd’hui suffisamment avancé pour que l’on connaisse assez bien son architecture envisagée, même si aucune décision irrévocable de mise en circulation n’a encore été prise.

Cet article en retrace la genèse, en rappelle les avantages attendus, et en présente les principales caractéristiques et les risques, tels qu’ils sont connus à ce jour.

Définition

L’euro numérique est le projet de l’Union européenne (UE) visant à mettre en place une forme numérique de monnaie fiduciaire. Il s’agirait d’une monnaie numérique de banque centrale, émise par la Banque centrale européenne (BCE) et accessible à tous les habitants de la zone euro.

Les espèces (l’argent liquide), billets et pièces, sont déjà une forme de monnaie de banque centrale. Comme elles, qu’il ne remplacerait pas, l’euro numérique aurait cours légal, ce qui signifie qu’il serait accessible à tous les citoyens et résidents européens et serait accepté partout dans la zone euro. Ce n’est pas le cas des moyens de paiement électroniques existants proposés par les banques commerciales. À l’instar de l’argent liquide, chaque euro numérique détenu par les consommateurs serait directement garanti par la BCE. Il serait distribué aux citoyens et aux entreprises par les banques et d’autres prestataires de services de paiement 1.

L’euro numérique, comme les espèces, sera une forme de « monnaie de banque centrale », c’est à dire de monnaie publique. C’est un point important et (relativement) peu connu. Hormis les espèces, la monnaie que nous utilisons est la monnaie scripturale, c’est à dire de la monnaie émise par les banques commerciales, c’est à dire encore de la monnaie privée. Il faut rappeler, en effet, que l’essentiel (90-95%) de la monnaie en circulation (les « agrégats monétaires » 2, cf. figure 1) est composée de monnaie scripturale, privée donc, que les banques créent en octroyant des crédits à l’économie. Un euro numérique constituerait, comme les billets, une créance directe sur la banque centrale, ce qui élimine le risque de défaillance d’une banque commerciale sur cette partie de votre patrimoine.

Figure 1 : La masse monétaire (M3) de la zone euro (à fin 2022). Source : Banque de France

Pourquoi créer une nouvelle forme de monnaie publique ?

Aux origines du projet d’euro numérique

Trois menaces interconnectées qui pourraient affaiblir durablement la souveraineté monétaire européenne ont inspiré le déclenchement du projet :

1. Le déclin accéléré du cash (les espèces) : une menace pour la souveraineté monétaire.

En 15 ans, le cash est passé de 50 % à ~40 % des transactions en zone euro. Or, si le cash disparaît, les banques centrales perdent le contrôle sur la monnaie physique (les espèces) et leur lien direct avec les citoyens, et deviennent dépendantes des intermédiaires privés (banques, fintechs) ; et certaines populations (notamment personnes âgées) peuvent être exclues du système financier. En outre, les paiements électroniques sont coûteux 3 et reposent sur des réseaux contrôlés par des acteurs non-européens (Visa, Mastercard, PayPal).

2) La dépendance aux acteurs non-européens : Visa, Mastercard et les géants américains.

En 2025, Visa et Mastercard traitent ensemble entre 61 % et 72 % des paiements par carte en zone euro, et la quasi-totalité des transactions transfrontalières ! Ceci, outre le coût déjà mentionné, crée une vulnérabilité aux pressions américaines, car les États-Unis peuvent imposer des sanctions ou modifier les conditions d’utilisation des réseaux Visa/Mastercard. Et les solutions de rechange européennes sont à la traîne ou pas à la hauteur du défi, comme WERO (lancé en 2024 par un consortium de banques européennes : BNP Paribas, Société Générale, Deutsche Bank), qui n’a encore que 48,5 millions d’utilisateurs (contre 1,5 milliard pour Visa/Mastercard).

3) Le risque de dollarisation numérique : la menace des stablecoins adossés au dollar.

Le stablecoin est une cryptomonnaie émise par des acteurs privés (Tether, Circle, Binance), et indexée sur une devise traditionnelle (ex. : dollar, euro) pour éviter la volatilité. En 2026, les stablecoins adossés au dollar représentent 97–99 % du marché mondial. Ces stablecoins menacent l’euro, car les Européens utilisent USDT/USDC (stablecoins en dollars) pour leurs transactions au lieu de l’euro, et les États-Unis contrôlent indirectement une partie des flux financiers mondiaux via ces stablecoins 4. Or, les stablecoins échappent au contrôle de la BCE : si les Européens utilisent massivement des stablecoins en dollars, la politique monétaire de la BCE devient moins efficace. La dollarisation numérique continue malgré la régulation (MiCA, pour Markets in Crypto-Assets Regulation, entrée en vigueur le 30 juin 2024). 

Le tableau 1 ci-après résume ces trois menaces et la parade que représenterait l’euro numérique :

ProblèmeChiffres (2026)ConséquencesSolution proposée (euro numérique)
Déclin du cash42 % des transactions (vs 50 % en 2010)Perte de contrôle des banques centralesMonnaie publique numérique(complémentaire au cash)
Dépendance à Visa/Mastercard61–72 % des paiements par carteVulnérabilité géopolitique + coûts élevésSystème de paiement européen souverain
Stablecoins en dollars97–99 % du marchéDollarisation numérique + contrôle américainStablecoin européen (EURC) + euro numérique
Tableau 1 : Justifications du projet d’euro numérique

Pourquoi l’euro numérique est-il la réponse ?

1) Contrer le déclin du cash

  • Objectif : Offrir une monnaie publique numérique qui complète le cash actuel sans dépendre des acteurs privés.
  • Avantages :
    • Gratuité : Pas de frais de transaction (comme le cash).
    • Instantanéité : Paiements en temps réel (24/7).
    • Accessibilité : Disponible pour tous (y compris hors ligne).

2) Réduire la dépendance à Visa/Mastercard

  • Objectif : Créer un système de paiement européen souverain.
  • Avantages :
    • Réduction des coûts : Élimination des frais de 1–3 %.
    • Autonomie stratégique : Plus de risque de sanctions américaines.
    • Interopérabilité : Compatible avec les systèmes existants (SEPA, cartes bancaires).

3) Lutter contre la dollarisation numérique

  • Objectif : Remplacer les stablecoins en dollars par une solution publique en euros.
  • Avantages :
    • Contrôle par la BCE : L’euro numérique serait émis et régulé par l’Eurosystème.
    • Stabilité monétaire : Évite la fuite vers le dollar en cas de crise.
    • Protection des données : Respect du RGPD (contrairement à Tether/Circle, basés aux Bahamas/États-Unis).

Développements passés et étapes prévisionnelles

Le 14 juillet 2021, le Conseil des gouverneurs de la BCE (dirigé par Christine Lagarde) valide officiellement le projet d’euro numérique et lance une phase d’étude de 2 ans.

En juin 2023, la Commission européenne publie une proposition de règlement pour encadrer juridiquement l’euro numérique.

En octobre 2023, le Conseil des gouverneurs de la BCE lance la phase préparatoire (novembre 2023 – octobre 2025).

En août 2025, les États-Unis adoptent le GENIUS Act (18 juillet 2025), qui favorise les stablecoins privés adossés au dollar et interdit un dollar numérique public jusqu’en 2030.

Le 30 octobre 2025, le Conseil des gouverneurs de la BCE clôt la phase préparatoire et décide de passer à l’étape suivante avec pour objectif de préparer la mise en œuvre technique en attendant l’adoption du cadre légal.

Le 19 décembre 2025, le Conseil européen approuve le projet.

L’adoption du règlement communautaire pourrait advenir en 2026 si Conseil et Parlement se mettent d’accord. Ce règlement offrirait à la BCE la possibilité – mais non l’obligation – d’émettre l’euro numérique.

En 2027, aurait lieu une phase pilote, consistant en des tests grandeur nature avec des utilisateurs réels.

2029 pourrait voir la première émission de l’euro numérique (si tous les jalons sont respectés).

Caractéristiques

L’euro numérique ne remplacera pas les espèces actuelles (billets et pièces) et restera optionnel.

Il sera possible d’ouvrir un compte en euro numérique auprès de n’importe quelle banque commerciale ou de tout autre prestataire de services de paiement (et non pas de la BCE, qui ne veut certes pas devenir une banque de détail), tel qu’un établissement de paiement ou un établissement de monnaie électronique. Si l’on ne dispose pas d’un compte bancaire commercial ou si l’on ne souhaite pas ouvrir de compte en euro numérique auprès d’une banque ou d’un prestataire de services de paiement, on pourra s’adresser à un organisme public désigné par son État membre, tel qu’un bureau de poste.

Tout comme les espèces, les comptes en euro numérique ne seraient pas rémunérés.

Les utilisateurs pourront effectuer des paiements à tout moment et partout dans la zone euro, et les paiements seront envoyés et reçus instantanément. L’euro numérique ne comporterait aucune restriction intrinsèque : ni la BCE, ni les pouvoirs publics ne pourraient imposer de limites quant au lieu, moment, l’objet ou destinataire de nos paiements effectués en euros numériques. Il sera possible d’effectuer des paiements en euro numérique via l’interface habituelle de sa banque ou de son prestataire de services de paiement, via une application dédiée à l’euro numérique, ou par d’autres moyens tels que des cartes, et régler ses achats sur des sites de commerce électronique, tout comme pour les autres virements et paiements électroniques.

Afin de garantir que les banques commerciales continuent à jouer un rôle utile dans le fonctionnement de l’économie, notamment en accordant des crédits 5, la BCE serait en mesure de fixer des limites de détention (un plafond) 6. De même, la Commission européenne fixerait des limites de détention pour l’utilisation hors ligne de l’euro numérique, afin de limiter les risques de blanchiment d’argent et de financement du terrorisme.

Il serait possible d’effectuer des transactions en euro numérique sans connexion Internet – une fonctionnalité importante dans les zones où l’accès aux services en ligne est plus limité ou en cas de coupure de courant, par exemple. Les paiements hors ligne en euro numérique sont des virements instantanés qui pourraient être effectués sans connexion Internet, à condition qu’il y ait une proximité physique entre les appareils du payeur et du bénéficiaire, comme c’est le cas aujourd’hui avec les espèces. Les utilisateurs pourraient stocker des euros numériques sur leur appareil pour une utilisation hors ligne, en dessous d’un certain seuil, exactement comme nous le faisons avec les espèces dans nos portefeuilles. Les paiements hors ligne en euro numérique seraient validés « de pair à pair » : le payeur et le bénéficiaire vérifieraient directement que le transfert de valeur entre eux a bien eu lieu. Ces paiements seraient principalement utilisés pour les petits montants. Tout comme pour les espèces, les détails des paiements hors ligne en euro numérique ne seraient visibles par personne – ni par notre banque, ni par la BCE.

L’euro numérique permettrait aux utilisateurs d’effectuer des paiements numériques tout en garantissant la protection de leurs données. La BCE ne serait pas en mesure d’identifier les utilisateurs individuels de l’euro numérique, ni de savoir comment ceux-ci utilisent leur argent. Elle n’aurait accès qu’à des données cryptées, et uniquement dans la mesure où cela est nécessaire pour régler les transactions en euro numérique et aider les prestataires de services de paiement à accomplir leurs missions. Cela signifie que des mesures de sécurité et de protection de la vie privée à la pointe de la technologie seraient mises en œuvre, afin de garantir que les données ne puissent pas être utilisées par la BCE et les banques centrales nationales pour identifier directement un utilisateur spécifique de l’euro numérique. Les pouvoirs publics ne pourraient pas contrôler la manière dont on dépense nos euros numériques.

Les services de base destinés aux utilisateurs finaux, tels que l’ouverture et la clôture d’un compte en euro numérique, la consultation des soldes, les versements et les retraits sur ce compte, ainsi que les virements et les paiements, seraient fournis gratuitement. À l’instar des services de paiement actuels, les utilisateurs de l’euro numérique ne paieraient pas de frais lorsqu’ils effectuent des achats en euro numérique, que ce soit au niveau national ou transfrontalier. Les banques ne pourraient facturer leurs clients que pour les comptes bancaires commerciaux auxquels l’euro numérique pourrait être lié, ainsi que pour des services facultatifs et non essentiels, tels que les paiements conditionnels.

Le tableau 2 ci-après synthétise ces différents éléments.

AspectDétails
TypeMonnaie numérique de banque centrale (CBDC) – complémentaire au cash et aux dépôts bancaires.
TechnologiePas de blockchain publique (trop énergivore). Solution centralisée ou hybride (DLT possible).
UtilisationPaiements de détail (particuliers et entreprises) pour les transactions quotidiennes.
GratuitéServices essentiels gratuits (comme le cash), mais possibilité de frais pour des services premium.
Hors ligneFonctionnalité hors ligne en cours de développement (pour les zones sans connexion).
Vie privéeNiveau élevé de protection des données, conforme au RGPD.
InteropérabilitéIntégration avec les systèmes de paiement existants (cartes, virements, portefeuilles numériques).
LimitesPlafonds de détention possibles pour éviter une fuite massive des dépôts bancaires.
Tableau 2 : Principales caractéristiques de l’euro numérique

Coût

Les coûts totaux de développement, comprenant à la fois les composants développés en externe et en interne, sont estimés à environ 1,3 milliard d’euros jusqu’à la première émission, actuellement prévue courant 2029. Les coûts d’exploitation annuels ultérieurs devraient s’élever à environ 320 millions d’euros par an à partir de 2029. L’Eurosystème 7 prendrait en charge ces coûts, comme il le fait pour la production et l’émission des billets en euros. Comme dans le cas des billets, ces coûts devraient être compensés par le seigneuriage généré 8 – même si les avoirs en euro numérique étaient faibles par rapport aux billets en circulation 9.

Il y a aura aussi des coûts pour les banques et prestataires privés, sans soute la partie la plus importante économiquement. Les banques devront, en effet, adapter leurs systèmes informatiques ; intégrer les wallets euro numérique ; gérer les flux hybrides (comptes + euro numérique) ; et mettre en place la conformité et la sécurité. Le coût global pour le secteur privé serait de plusieurs milliards supplémentaires à l’échelle européenne.

Des risques réels, mais gérables

On peut classer ces risques en trois catégories.

1) Risques les plus critiques – à prioriser

  1. Surveillance de masse : même si la BCE affirme ne pas vouloir connaître les achats des citoyens, beaucoup craignent qu’une monnaie entièrement numérique permette davantage de traçabilité ou faciliter un contrôle accru de l’Etat.
    • Solution : Seuil de confidentialité (les transactions n dessous d’un certain seuil en en euros sont anonymes, comme le cash) + pseudonymisation (Les données personnelles ne sont pas accessibles à la BCE) + RGPD strict.
  2. Cyberattaques :
    • Solution : Architecture résiliente + chiffrement + audits réguliers.
  3. Désintermédiation bancaire (le risque que les banques réduisent leur offrent de crédit faute de ressources sous forme de dépôts) :
    • Solution : Plafonds de détention (cf. ci-dessus) + collaboration avec les banques.

2) Risques modérés – à surveiller

  1. Fragmentation du système :
    • Solution : Normes communes + gouvernance centralisée.
  2. Coûts pour les commerçants :
    • Solution : Subventions + modèle de tarification encadré.
  3. Exclusion financière :
    • Solution : Mode hors ligne + accessibilité universelle.

3) Risques systémiques – à anticiper

  1. Dollarisation numérique :
    • Solution : Promotion de l’euro numérique + régulation des stablecoins.
  2. Perte de souveraineté :
    • Solution : Fournisseurs européens + open source.

L’euro numérique présente des risques significatifs, mais ils sont identifiés et des solutions existent :
  • La surveillance des citoyens est le risque le plus sensible politiquement (surtout en Europe, où la protection des données est une priorité).
  • La désintermédiation bancaire et les cyberattaques sont les risques financiers les plus critiques.
  • L’adoption par les citoyens dépendra de la confiance dans la protection des données et de la simplicité d’utilisation.

Si ces risques sont bien gérés, l’euro numérique pourrait devenir un succès européen, renforçant la souveraineté monétaire et modernisant les paiements. Sinon, il pourrait échouer ou, pire, aggraver les problèmes qu’il cherche à résoudre.

Conclusion

En résumé, sans l’euro numérique, l’Europe risque de devenir un simple spectateur dans la révolution des paiements numériques, dominée par les États-Unis (stablecoins, Visa/Mastercard) et la Chine (e-CNY).

L’euro numérique ne vise pas à nationaliser les paiements, mais à faire en sorte que l’infrastructure monétaire de base soit européenne et publique, tout en laissant les services innovants à la concurrence. C’est une distinction essentielle pour comprendre le projet.

Le projet est avancé, mais l’euro numérique n’est pas encore en circulation et certaines modalités restent à déterminer, notamment pour réduire les risques évoqués plus haut.

Le débat n’oppose pas simplement les « pour » et les « contre » : il porte surtout sur la conception de l’euro numérique. 

Sauf anicroches juridico-politiques, cet euro numérique pourrait voir le jour en 2029.

Notes :

  1. Source : Commission européenne, FAQ ↩︎
  2. La BCE a défini 3 principaux agrégats monétaires harmonisés au niveau européen qui décrivent, par ordre de liquidité décroissante, la monnaie détenue par les agents économiques :
    M1 correspond aux formes de monnaie les plus liquides. Il comprend la monnaie fiduciaire (billets et pièces en circulation) ainsi que la monnaie scripturale (monnaie inscrite sous forme de chiffres sur un compte de dépôt à vue) qui peut être immédiatement utilisée grâce à différent moyens de paiement (par ex. une carte ou un virement).
    M2 est formé de M1 auquel s’ajoutent des dépôts rémunérés (livrets A, comptes d’épargne‑logement, livrets de développement durable et solidaire, dépôts à terme jusqu’à deux ans par exemple) considérés comme liquides c’est‑à‑dire très facilement transférables sur un compte de dépôt à vue pour être utilisés, et donc circuler dans l’économie.
    M3, l’agrégat large, c’est la masse monétaire qui recouvre, en plus de M2, des instruments financiers émis par les établissements financiers et souscrits par des épargnants et investisseurs pour une durée inférieure à deux ans. Ces actifs sont considérés comme pouvant être relativement disponibles et donc transférables assez rapidement sur un compte de dépôt à vue pour être utilisés par les agents économiques.
    En parallèle de cette monnaie détenue par les agents économiques, on identifie la base monétaire, appelée aussi M0 ou monnaie de banque centrale. Elle est constituée par la monnaie fiduciaire (composante de M1) à laquelle on ajoute les réserves obligatoires et excédentaires que les banques commerciales déposent auprès de la banque centrale ainsi que les facilités de dépôt. La base monétaire alimente la masse monétaire par la monnaie fiduciaire et influence la création de monnaie scripturale par les banques commerciales.
    M3 (un stock) s’élevait fin mai 2026 à l’échelle de la zone euro à 17,5 trilliards d’euros, soit un peu plus que la valeur du PIB (un flux) de 2025 (15,8 trilliards). ↩︎
  3. Les PME européennes perdent quelque 30 milliards d’euros par an en frais bancaires. ↩︎
  4. En 2022, Tether a bloqué les transactions en USDT pour des utilisateurs vénézuéliens et russes sous pression américaine (sanctions). ↩︎
  5. Ce point est subtil : les banques créent la monnaie scripturale en créditant le compte de leurs clients à qui elles consentent des prêts, mais il y a toujours des fuites dans le système, notamment les retraits de cash (espèces). Si les dépôts (la monnaie scripturale) sont massivement convertis en euro numérique, ces fuites atteindraient une ampleur telle que les banques devraient limiter leur activité d’intermédiation (de crédit). ↩︎
  6. S’il n’y avait pas de plafond, en période de crise financière, les déposants pourraient transférer en quelques heures des dizaines de milliards d’euros de leurs comptes bancaires vers des euros numériques, qui seraient perçus comme un actif plus sûr. Pour chaque individu, ce serait un choix rationnel. Collectivement, cela pourrait provoquer une ruée numérique sur les banques (digital bank run), beaucoup plus rapide qu’une ruée bancaire traditionnelle. Aujourd’hui, retirer 50 000 € en billets prend du temps et pose des contraintes logistiques. Demain, transférer 50 000 € vers un portefeuille d’euros numériques pourrait ne prendre que quelques secondes si aucune restriction n’existait. C’est précisément ce risque que la BCE cherche à limiter avec un plafond de détention et des mécanismes de transfert automatique. ↩︎
  7. L’Eurosystème, qui regroupe la BCE et les banques centrales nationales des États membres de l’UE qui ont adopté l’euro, est l’autorité monétaire de la zone euro.  ↩︎
  8. Les billets en euros sont conçus par la BCE, fabriqués dans plusieurs imprimeries, puis stockés dans les coffres de la banque centrale de notre pays. Ils nous parviennent par l’intermédiaire de notre banque, qui en paie la valeur faciale à la banque centrale. Pour ce faire, notre banque doit généralement emprunter de l’argent auprès de la banque centrale, ou lui céder certains de ses actifs. La banque centrale reçoit des intérêts sur l’argent qu’elle prête ou perçoit un rendement sur les actifs qu’elle acquiert : on parle du revenu de seigneuriage. Pour plus d’explications, cf. cet article de la BCE. ↩︎
  9. Source : BCE, Communiqué de presse, 30 octobre 2025. ↩︎

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