Vers une reconnaissance judiciaire du racisme anti-Blanc ?

Thomas Crépol

29 juillet 2026

Dans l’affaire du meurtre de Thomas Perotto (photo) à Crépol (Drôme) en novembre 2023, la circonstance aggravante de racisme à l’encontre des mis en examen a été retenue par la juge d’instruction, à la demande de plusieurs avocats de parties civiles.

Rappelons que le jeune Thomas (16 ans à l’époque) avait été tué le 18 novembre 2023 lors d’un bal de village par des jeunes venus d’une cité voisine. Or, la justice avait refusé de retenir la circonstance aggravante de racisme, alors même que plusieurs témoins et victimes avaient rapporté des propos à caractère raciste dès les premiers jours de l’enquête.

Dans son avis de fin d’information judiciaire du 20 juillet dernier, la juge d’instruction en charge de l’affaire a finalement retenu le mobile raciste, près de trois ans après les faits. 

Ce qui fait l’intérêt de cet avis (qui ne préjuge pas de la position du parquet), c’est que le racisme en question aurait eu pour cible la « race blanche et la nation française » 1.

Ce qui pose question, c’est pourquoi il a fallu tant de temps pour arriver à cette requalification, et pourquoi cette décision paraît si gênante pour toute une partie de la classe politique, médiatique et associative française, généralement classée à gauche de l’échiquier politique.

Une première raison, c’est que l’arsenal législatif français de répression du racisme n’avait pas été conçu en ayant à l’esprit cette catégorie de victime.

La loi du 1er juillet 1972, dite loi Pleven, la première grande loi en matière de racisme en France, a créé les délits spécifiques d’injure, diffamation à caractère raciste ainsi que la provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence raciale. En clair, à compter de cette date, le racisme n’est plus une simple opinion en France : son expression publique ou non constitue un délit puni par des peines qui vont de l’amende à la prison ferme (jusqu’à un an de prison et 45 000 euros d’amende pour diffamation raciale publique).

Cette loi avait été à l’époque pensée principalement pour lutter contre le racisme envers les immigrés d’Afrique subsaharienne et du Maghreb, et pas du tout en imaginant que les Blancs pouvaient en être victimes.

La France comptait il est vrai beaucoup moins d’immigrés d’origine africaine et ou musulmane il y a un demi-siècle ; la machine à intégration fonctionnait peu ou prou ; l’islamisme (machine à dés-intégration) ne s’était pas encore implanté sur nos rives ; et l’idéologie décoloniale et racialiste, rameau du mouvement woke, n’avait pas été portée sur les fonts baptismaux 2.

On touche ici à la seconde raison : l’influence puissante qu’a exercée le wokisme sur la société, la classe politique, les médias depuis une vingtaine d’années. 

Selon cette idéologie, en la résumant à gros traits, le vilain de l’Histoire, c’est l’Occidental Blanc. Il est la seule source de l’oppression, de la domination qui caractérise les relations entre les peuples ; il est le seul raciste, ou plutôt il n’y a pas de racisme qui n’ait pour auteur un Blanc et pour victime un Racisé. Pis, ce racisme est « systémique », il imprègne dans leur tréfonds les sociétés occidentales, se niche au fond des consciences des Blancs, comme une sorte d’inconscient collectif, même quand ils se croient de bonne foi exempts de cette peste. 

Cette disposition mentale, qui habite de façon plus ou moins consciente nos concitoyens, et qu’ils expriment de façon plus ou moins virulente ou plus ou moins sincère (la mode et le conformisme social sont des déterminants puissants des comportements) explique cette version très restrictive du racisme, qui n’existerait donc que des Blancs vers les Racisés, et plus généralement cette haine de soi qui nourrit, chez les uns, une repentance systématique (Macron), et chez la plupart des gens, brainwashés par des années de propagande, une forme d’auto-censure dès qu’il s’agit de qualifier les insultes et autres avanies subies par les Blancs, aggravée aussi par la peur très réelle chez certains des représailles qu’on leur promet s’ils osent l’ouvrir.

D’où l’embarras…extrême que provoque cet avis du juge dans une certaine gauche, et notamment sa fraction la plus islamo-gauchisée. 

Un exemple éloquent en est celui du président de SOS Racisme, Dominique Sopo, dont on voudrait croire que sa mission est de combattre le racisme sous toutes ses formes et de défendre ses victimes quelle que soit leur couleur de peau, qui nie jusqu’à l’existence même de ce racisme anti-Blanc : « C’est une notion qui vient de l’extrême droite, et qui n’a aucune réalité statistique », a t-il affirmé à Mediapart. 

Parce que si l’extrême droite en parle, la notion n’a aucune légitimité, et le fait même n’existe pas.

Jusqu’à Thomas.

Parce que les limites dans l’abjection ont été franchies, et que même la haine de soi et la peur ne suffisent plus à retenir cette vague d’indignation et de colère qui saisit nos compatriotes.

Espérons que ce revirement du juge d’instruction sera confirmé 3, et que la décision de justice à venir (vraisemblablement la cour d’assises des mineurs de la Drôme, compte tenu de l’âge de certains mis en cause au moment des faits) marquera une nouvelle avancée dans le combat contre le racisme dans notre pays.

Contre TOUTES les formes de racisme, quels qu’en soient les auteurs et quelles qu’en soient les victimes.

Notes :

  1. Très exactement, la juge retient désormais que « les faits ont été précédés, accompagnés ou suivis de propos ou actes de toute nature qui portent atteinte à l’honneur ou à la considération des victimes ou d’un groupe de personnes dont font partie les victimes en raison de leur appartenance ou de leur non-appartenance, vraie ou supposée, à une prétendue race, une ethnie, une nation ou une religion déterminée, en l’espèce la race blanche et la nation française ». ↩︎
  2. Sur cette idéologie, incarnée en France notamment par Houria Bouteldja, cf. cet article, ainsi que les livres de Matthieu Bock-Côté et de Pierre-André Taguieff. ↩︎
  3. Analyse pointue par un avocat, ici. ↩︎

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